Choisir son hébergement : un serveur mutualisé, 2ème partie
Après avoir vu les avantages et inconvénients de l‘hébergement personnel de son serveur, nous allons maintenant nous intéresser à l’hébergement mutualisé.
Appelé aussi hébergement partagé, cette solution consiste en l’hébergement de plusieurs sites sur un même serveur fourni par un prestataire. Ce dernier peut être votre FAI (fournisseur d’accès à internet). Par exemple, Free propose gratuitement un hébergement de pages personnelles mais également Orange ou Neuf. Depuis l’avènement des blogs, certaines plateformes offrent gracieusement aussi l’hébergement de sites réalisés avec leur moteur : Wordpress.com pour n’en citer qu’un. Je passe aussi sous silence les Skyblogs et consorts, ceux-ci n’offrant qu’une liberté de conception et programmation assez limitées.
Ces offres « gratuites » comportent bien sûr des limitations que n’ont pas les hébergements mutualisés payants. Elles concernent la plupart du temps l’espace de stockage et les permissions sur les fichiers et répertoires. Aussi, songeons directement aux hébergements payants.
Les principaux hébergeurs payants et leurs offres mutualisées
La liste des hébergeurs est très longue, il n’est pas question de dresser un comparatif complet de ceux-ci mais simplement de vous en présenter quelques-uns, les principaux dirais-je.
Commençons par OVH : Cet hébergeur est aussi un Registrar officiel, c’est-à-dire qu’il est habilité à attribuer (contre rémunération évidemment) un nom de domaine. Cela peut vous simplifier les démarches pour le lier à votre abonnement. Mais regardons ses offres d’hébergements :
Si nous prenons l’offre 60GP, nous disposons déjà de quoi réaliser un site de taille conséquente (pourvu qu’il n’y ait pas de trop gros fichiers) avec 600 Mo et qui supportera un trafic déjà bien honorable 20 Go par mois. Le tarif de 1.20 € TTC par mois est très bon marché.
Un autre hébergeur très présent en France est 1and1 . Ses offres d’hébergement, sans être identiques à celles d’OVH restent comparables :
Avec une offre de capacité supérieure tant en terme d’espace disque (2.5 Go) que de trafic (100 Go) pour un coût encore raisonnable 2.38 € par mois, cette solution se positionne juste au dessus de celle présentée d’OVH.
Ces deux hébergements payants proposés sont suffisants pour la plupart d’entre nous et se situent à un tarif inférieur à ce que pourrait coûter en électricité un hébergement personnel. Pour mémoire, le coût calculé dans la 1ère partie est de 10.34 € par mois.
Des inconvénients en moins et du temps en plus
La délégation de l’hébergement et de la supervision de votre serveur entraîne la suppression de certains inconvénients de l’hébergement personnel. Ainsi, vous n’aurez plus de nuisances sonores, ni n’aurez à vous soucier de la maintenance matérielle du serveur. Cette dernière tâche est justement l’objet principal de la prestation payante. Le coût raisonnable de ce type d’hébergement indisposera moins votre budget que l’hébergement personnel même si le coût en électricité peut sembler indolore car noyé dans une facture globale.
Du temps, vous en disposerez davantage pour vous préoccuper de l’aspect logiciel de votre serveur. Et encore, une bonne partie, souvent invisible pour les internautes sera réalisée par votre hébergeur : la mise en place du serveur Web, Apache par exemple, le gestionnaire de la base de données (Mysql) et l’implémentation du langage PHP très apprécié de nombreux CMS (Content Management System) et autres plateformes de blogs. Vous pourrez vous focaliser alors sur le développement même de votre site.
A la merci du prestataire
Tout n’est évidemment pas idyllique avec cette solution. En effet, vous êtes tributaire du prestataire pour tout ce qui concerne les interventions sur le matériel en cas de défaillance de celui-ci. Aussi, en cas d’incident, vous ne pourrez que prendre votre mal en patience. Il en va de même pour la partie logicielle en amont de votre site : c’est-à-dire système d’exploitation, serveur Web etc. Sans aller jusqu’à des problèmes si importants, vous n’avez pas non plus le contrôle des versions des logiciels installés. Cela peut parfois vous poser un problème. En exemple, je vous citerais une petite aventure qui m’est arrivée, il y a de cela quelques temps :
A l’époque, PHP5 n’était pas implémenté en standard sur les hébergements mutualisés, c’était PHP4 qui était présent sur l’ensemble des hébergeurs. Or, j’vais besoin de PHP5 ou du moins d’une version plus avancée de PHP4 pour utiliser une fonction qui n’avait fait que depuis peu son apparition, les requêtes imbriquées. J’étais dans l’impossibilité de contourner ce problème. Cela m’a valu de passer sur un serveur dédié car je ne pouvais attendre la mise à niveau de la version de PHP. Cela peut sembler anecdotique mais en cas de besoin impérieux, cela peut avoir des conséquences importantes.
La maîtrise de la sécurité ne sera plus de votre domaine également, mais en général la compétence des prestataires n’est pas à remettre en cause en ce domaine.
Des performances modestes
Selon la popularité de votre site, vous pouvez être confronté à un problème de charge. Pour rappel, votre site est sur un serveur mutualisé, cela signifie un partage des ressources : processeur, mémoire, bande passante, etc. Des sites à fort trafic risquent de voir leur temps de réponse se dégrader. Même si votre site est petit, il peut se retrouver affecté par un site très fréquenté qui est situé sur le même serveur. Pour vous faire une idée de vos compagnons de serveur, vous pouvez utiliser le site MyIPneighbors. Celui-ci, à partir de votre nom de domaine ou de votre IP, vous indiquera les sites présents sur le serveur. A vous, ensuite, d’en faire le tour pour réaliser l’impact de vos voisins sur la bande passante commune. Pour l’anecdote, le site de Gonzague et Blogasty ont la même adresse IP.
Des besoins à ne pas dépasser
Si la fréquentation devient trop élevée et dépasse, je dirais même, s’approche seulement, de votre quota de bande passante, ne soyez pas étonné si votre hébergeur vous pousse vers une offre de niveau supérieur, celui-ci ayant tout intérêt à ne pas saturer ses ressources et à vendre des solutions plus onéreuses. Parfois, c’est un peu cavalier pour ne pas dire abusé de leur part si on ne dépasse pas les limites, mais cela reste la réalité. Je ne saurais trop vous conseiller de bien dimensionner vos besoins si vous pouvez le faire, rien ne sert de trop payer également.
Au final, une solution équilibrée
C’est en effet ce que je pense. Vous minimisez les coûts d’exploitation, vous vous concentrez plus sur le développement de votre site et vous avez suffisamment de temps avant de devoir migrer vers une solution plus professionnelle. Ce temps, vous pourrez le mettre également à profit pour apprendre la mise en place de l’hébergement en tant que tel et de sa sécurisation. Un domaine très sensible qu’il convient de maîtriser avant de passer à un serveur dédié qui fera l’objet du 3ème billet.
Votre situation ?
Sans doute, bon nombre d’entre vous sont déjà avec un hébergement mutualisé, vous pouvez nous faire part de votre solution, de vos soucis et de l’adéquation ou non par rapport à votre type de site. Plus, on a d’exemples et plus cela est simple pour s’y retrouver.
Sommaire de Choisir son hébergement
- Choisir son hébergement : un serveur personnel, 1ère partie
- Choisir son hébergement : un serveur mutualisé, 2ème partie
- Choisir son hébergement : un serveur dédié, 3ème partie



janvier 14th, 2008 at 14:03
et sivit, ikoula, celeonet, nfrance, etc… ils sont ou ?
pourquoi toujours ovh, 1and1 et amen, des hébergeurs qui cumulent le plus grand nombre de mauvaises expériences ?